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Présentations et critiques de livres

Mercredi 5 décembre 2007

  

Trois Anneaux pour les rois elfes sous le ciel 

Sept pour les seigneurs nains dans leurs demeures de pierre 

Neuf pour les hommes mortels destinés au trépas 

Un pour le Seigneur des Ténèbres sur son sombre trône 

Dans le pays de Mordor où s'étendent les ombres. 

Un Anneau pour les gouverner tous, un Anneau pour les trouver 

Un Anneau pour les amener tous et dans les ténèbres les lier, 

Au pays de Mordor où s'étendent les ombres 

 



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A tout seigneur, tout honneur. Nous commençons donc notre tour du monde de la fantasy par le Seigneur de la fantasy, le Seigneur des ventes, l'Anneau Unique qui permet de vendre des millions de livres et de faire encore plus d'entrées au cinéma, le bien-nommé Seigneur des Anneaux. Je le précise tout de suite, ce n'est pas ma série préférée. Mais je ne crache pas dessus non plus, et il faut bien commencer par LE Maître, celui qui a lancé le phénomène heroic fantasy dans le monde. Je ferai d'abord un bref résumé du livre, puis nous parlerons de son auteur, avant de voir l'influence que le Seigneur des Anneaux a pu avoir sur toute la fantasy contemporaine et sur notre perception de ces "contes de fée pour adultes" (dixit J.R.R. Tolkien lui-même).




Synopsis

Tout commence le jour d'un énième anniversaire du Hobbit Bilbo (un Hobbit, c'est comme un nain, mais en moins grognon, moins bagarreur, moins poilu, moins ripailleur, moins alcoolique...Bref, un Hobbit, c'est à peu près aussi passionnant qu'un album de Lorie ), donc le jour de ce fameux anniversaire, Bilbo, qui a beaucoup voyagé, décide de repartir à l'aventure et enfile pour cela un anneau qui le rend invisible. Son pote de toujours, Gandalf - le grand magicien avec la grande barbe qui lui sort par les oreilles et qui pourrait faire une campagne de pub pour Marlboro tellement il fume - se rend compte que, malheur ! cet anneau est l'Anneau Unique, l'Anneau de Pouvoir recherché par le grand méchant Sauron et ses sbires, et il faut donc détruire cet anneau. Pour cela, Bilbo devra s'en séparer et le confier à son neveu, Frodo, qui aura pour mission d'amener l'anneau à Elrond, le Big Boss elfe. Il sera accompagné de ses copains de toujours, il fera la connaissance de plein de gens intéressants (ou pas), il y aura des combats, du sang, des sacrifices, des larmes. Bref, tout un programme. Je n'en dirai pas plus, tout le monde a vu les films...



L'auteur

L'homme à qui l'on doit cette oeuvre majeure s'appelle John Ronald Reuel Tolkien. il ressemblait à ça :


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Né en 1892 en Afrique du Sud. mort en 1973 en Angleterre, il était philologue et écrivain. Il avait une passion pour les langues : spécialiste du dialecte mercien (mercian), du vieil anglais (parlé entre 450 et 1150) et du moyen anglais (entre 1150 et 1500), il a aussi enseigné le norrois et le gotique, et parlait l'afrikaans, le grec, le latin, l'hébreu, le gallois et le finnois. Par contre, il avait une haine viscérale du français. 


Cette passion pour les langues le pousse à créer tout un univers pour faire exister des langues qu'il avait créées de toutes pièces : c'est ainsi que naît la Terre du Milieu. Tolkien commence très rapidement à imaginer la Terre du Milieu, sa cosmogonie, sa genèse, ses dieux et ses héros, ses peuples aux cultures si différentes, mais ne se décide pas pour autant à tout coucher sur du papier. Il invente l'histoire de Bilbo le Hobbit pour ses enfants, d'abord sous forme orale, puis par écrit. Le livre connaît un tel succès que son éditeur lui demande une suite. Réticent, Tolkien ne souhait pas s'engager dans une nouvelle aventure, mais peu à peu s'y laisse prendre. Il écrit le Seigneur des Anneaux de de 1937 à 1948. La rédaction est longue est douloureuse ; Tolkien n'est pas un écrivain professionnel, et écrit donc sans idée préconçue, sans plan, sans story-board. Il reviendra souvent sur ce qu'il avait écrit précédemment pour corriger, mettre à jour, rendre le texte cohérent. Le livre, qui ne devait qu'être une suite de Bilbo le Hobbit prend une ampleur que son auteur ne soupçonnait pas. Des personnages apparaissent sous la plume de Tolkien, un scénario se met en place petit à petit. Par exemple, l'anneau de Bilbo, au début, ne devait être qu'un simple anneau magique. Ce n'est qu'après qu'il devient l'Anneau Unique. Aragorn n'était qu'un vagabond inquiétant : au moment où Tolkien le fait apparaître dans le récit, il ne sait pas encore qu'il fera du Rôdeur un Roi - LE Roi.


La mythologie du Seigneur des Anneaux est plus détaillée dans le Silmarillion, publié à titre posthume et inachevé. Difficile à lire, le Silmarillion apporte des éléments importants de la mythologie de la Terre du Milieu, mais en dévoile peut-être trop... On est presque déçu d'en apprendre plus sur cet univers onirique, on aurait presque voulu demeurer dans le mystère, le flou. C'est là toute la force du Seigneur des Anneaux : le livre est inégal, certaines passages ne sont pas inoubliables, c'est parfois très pénible à lire, et pourtant, il se passe quelque chose... Un peu comme une lumière qu'on aperçoit au loin, dans le brouillard. Une lumière intrigante, attirante, une île remplie de mystères qu'on souhaite découvrir. Et pourtant, on sait très bien que soulever le voile qui cache ces mystères ne peut que décevoir...



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Ce que j'en pense

Le Seigneur des Anneaux est une oeuvre majeure, un monument que tout amateur d’heroic fantasy se doit, sinon de posséder dans sa bibliothèque, du moins de lire dans son intégralité (et oui, regarder les films, c’est bien, mais c’est pas l’idéal). Alors, le texte n’est pas exempt de défauts, loin s’en faut. Le début notamment est particulièrement difficile à digérer : cette description de la Comté, cette ambiance de fête de village gentil tout plein, ces Hobbits gnangnan (qui m’horripilent), c’est très très dur à supporter.

Et puis soudain, tout s’accélère, on s’emballe, on quitte la Comté (c’est pas trop tôt…) et on part à l’aventure. On découvre des paysages magnifiques, on explore des lieux anciens, témoignages de la grandeur de civilisations sur le déclin…Et c’est là toute la magie du Seigneur des Anneaux : l’univers est là, il nous happe et on n’en sort plus. Il y a une ambiance unique, onirique, magique, mélancolique (vous pouvez rajouter d’autres adjectifs en –ique…) : on sent bien que l’on est dans un monde idéal qui est menacé, et malgré la victoire des Hommes et de leurs alliés, rien ne sera jamais plus comme avant.


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En Terre du Milieu, on évolue dans une sorte de brume, comme si un filtre aux couleurs de l’automne avait été posé sur notre imagination de lecteurs. Cette tranquillité est souvent troublée par la fureur des combats, le tumulte des armes qui s'entrechoquent, mais elle demeure là, en arrière-plan, insaisissable. Et quand les Elfes s’en vont, c’est une part de nous-mêmes qui les accompagne… Voilà, c’est peut-être un peu trop poétique tout ça, mais c’est l’effet Seigneur des Anneaux qui veut ça. Lecture chaudement recommandée donc.


Et aujourd'hui ?

C'est simple : l'oeuvre de Tolkien ne s'est jamais aussi bien portée. La trilogie de Peter Jackson l'a remise au goût du jour (pas toujours de la meilleure façon d'ailleure...) - petit intermède : on parle de trilogie, mais Tolkien a écrit le Seigneur des Anneaux comme une oeuvre complète en un seul volume, le découpage en 3 tomes distincts étant dû à des contraintes économiques.


Dans les années 60-70, le livre est considéré comme un symbole de la contre-culture, et suscite parodies (dont la plus célèbre est Bored of the Rings) et slogans, comme "Frodo lives" et "Gandalf President". Le succès populaire de la trilogie donne un coup de pouce aux ventes de livres de fantasy et de science-fiction, de plus en plus demandés. Le Seigneur des Anneaux a aussi inspiré l'industrie du jeu : le jeu de rôle - avec Donjons et Dragons par exemple, le jeu de plateau - on songe à Warhammer, et le jeu video - qui a dit Warcraft ?


De nombreux groupes de rock, comme Led Zeppelin, s'inspirent ouvertement de l'oeuvre de Tolkien, et de nombreux groupes de métal utilisent des termes inventés par Tolkien.


En 1996, un sondage organisé par la chaîne de magasins Waterstone's et la chaîne Channel Four élit le Seigneur des Anneaux "plus grand livre du siècle".


Les elfes, les orques et les objets magiques qui font des trucs bizarres, tout cela fait partie de notre imaginaire collectif maintenant. Tout cela à cause d'un type assez taré pour inventer des langues...



Exemple d'écriture elfique inventée par Tolkien

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Exclusif : l'Anneau Unique n'a pas été détruit sur le Mont du Destin!

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Par Jérôme
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Lundi 10 décembre 2007


  En revanche, sous ses paupières scellées, il vit apparaître une serre de dragon identique à la sienne, un reflet intangible et perverti de l'Echyrion. 
Il oscillait à la frontière du Mal et distinguait dans le prolongement de cette main glacée, un Cynwäll corrompu dont les pupilles cendreuses se dilataient pour devenir des gemmes de ténèbres. Miroir des Abysses, le typhonisme lui montrait l'avenir le plus sombre, son avenir.


La Faille de Kaïber, chap. XXII



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Résumé

La forteresse de Kaïber est réputée infranchissable. Elle est le dernier rempart du monde libre (c’est les gentils) face aux hordes morts-vivants d’Achéron (les méchants). Au sein de la forteresse, toutes les races et nations faisant partie de l’Alliance de la Lumière entretiennent une garnison. Et parmi ces combattants se trouvent les Elfes Cynwälls, une race ancienne, oubliée de tous, mais qui s’apprête à faire son grand retour sur le devant de la scène, accompagnée de ses artefacts mystérieux à la puissance terrifiante. Syd, fils du commandant des Cynwälls de Kaïber et guerrier légendaire porteur de l’Echyrion (un bras mécanique ressemblant à une serre de dragon), vient tout juste de rentrer à la Citadelle et se retrouve tout de suite confronté à un assaut majeur des mors-vivants d’Achéron.

Evidemment, comme Syd, c’est une vraie bête, il n’y a que lui capable de mener les gentils à la victoire, mais voilà, Syd n’est pas très en forme en ce moment : il est fatigué, troublé. On ne comprend pas vraiment pourquoi, mais Syd est rongé par le doute et la culpabilité, il y a de sombres pouvoirs qui agitent son âme, et il penche entre le Bien et le Mal, partagé entre le désir de mourir et la volonté de se racheter, de renouer avec le véritable héritage des Cynwälls, d’être le digne fils de son père. Et il choisit bien son moment pour nous faire sa crise d’ado attardé complexé par l’image du père…


L’auteur 

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Mathieu Gaborit, né en 1972, est un écrivain français, auteur de romans de fantasy et de science-fiction, et je dirai même plus, un des auteurs français les plus connus dans ce domaine. Ses Chroniques des Crépusculaires ont rencontré un succès non négligeable, de même qu’Abyme. En 1999, il publie les Confessions d’un automate mangeur d’opium, pour lesquels il obtient le prix Bob Morane – Imaginaire 2000 dans la catégorie « Meilleur roman francophone ». Mathieu Gaborit est avant tout un rôliste : c’est suite à sa collaboration avec le magazine Casus Belli qu’il se tourne vers l’écriture avec succès. Tellement de succès d’ailleurs que Rackham, le créateur des jeux de figurines comme Confrontation et Rag’Narok), lui demande d’écrire des romans pour lancer ses nouvelles gammes, notamment les Elfes Cynwälls et les Ophidiens (un genre de grands serpents).

C’est ainsi qu’en 2005, Rackham publie une édition limitée du roman La Faille de Kaïber dans une zolie bouâte avec une figurine en exclusivité, le bô Syd, Syd le Tourmenté, Syd au bras qui fait peur et au nom qui claque (enfin, moi ça me fait surtout penser à L’Age de Glace, mais il y en a qui trouve que « Syd », c’est un prénom trop super bien trouvé…). Aujourd’hui, enfin, le livre est disponible à un prix abordable et sans la figurine. Alors, keski fo en penC ?



                                                               Ce que j’en pense 


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Grmmmph… Dire que j’ai acheté la version collector avec la figurine (décevante soit dit en passant, d’un point de vue esthétique - voir di-dessus)… Une perte d’argent, j’vous dis… Pourtant, les critiques semblent unanimes ! Je me permets de faire du copier-coller, pour vous montrer ce qu’on peut en lire sur certains sites :

 

« Ce premier tome du Cycle des Ombres est l’occasion pour Mathieu Gaborit de décrire une bataille titanesque, parallèlement aux pensées tortueuses et obscures de son héros. »

Sur http://www.i-pochefantasy.com

 

« Epique, terriblement efficace, ce premier tome du Cycle des Ombres dévoile une nouvelle facette du talent exceptionnel de Mathieu Gaborit. »

Sur http://www.bibliosurf.com

 

Bon, et bien, je l’avoue, je ne partage pas le même enthousiasme que ces critiques…

Premièrement, La Faille de Kaïber est le premier tome du Cycle des Ombres. Or, pour un premier tome, il soulève beaucoup de questions… qui demeurent sans réponse…Alors, c’est un procédé classique dans un  livre de règles pour jeu de figurines, où on nous présente des personnages légendaires, des mythes, où le background demeure volontairement flou pour qu’on ait envie d’en apprendre plus, pour créer du mystère, etc. Mais ici, ça ne passe pas. Pour plusieurs raisons.

D’abord, parce que Mathieu Gaborit n’a pas la plume de David Eddings ou de Raymond Feist pour allier avec équilibre narration – action – « psychologie » des personnages – univers. Je ne dis pas que Mathieu Gaborit est un gros nul hein, attention ! Je suis persuadé que ses autres romans doivent être bien (je n’en ai lu aucun pour le moment), et que les univers qu’il crée sont originaux. Mais ici, ça ne marche pas, peut-être parce que c’est une œuvre de commande, ce n’est pas une création maison originale.

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Ensuite, La Faille de Kaïber, c’est un peu Fort Alamo (pour ceux qui connaissent ce western indémodable), mais en moins bien. C’est comme si on lisait Le Seigneur des Anneaux, mais sans La Communauté de l’Anneau, sans Le Retour du Roi, sans une bonne partie des Deux Tours. En fait, comme si on lisait seulement la Bataille du Gouffre de Helm. Le roman de Mathieu Gaborit se concentre essentiellement sur la défense de la faille, la résistance acharnée des gentils contre les méchants morts-vivants, et tout ce qui aurait pu être développé autour de Syd (l’importance de l’Echyrion, ses expériences passées, son penchant pour le « côté obscur de la force »…) semble raté. Comme si l’auteur ne parvenait pas à trouver l’équilibre entre l’action frénétique dans la forteresse et le développement du scénario. Tout cela reste creux.

Au final, ce qu’on retient de Syd, c’est juste qu’ il a un gros complexe vis-à-vis de son père, le grand héros Cynwäll, et qu’il ne parvient pas à se défaire de cette ombre au-dessus de lui. Quand je vous ai dit que c’était juste une histoire de crise d’ado… S’il y a des freudiens dans la salle, je pense qu’il y a matière à réflexion là. Et c’est la même chose pour les autres personnages, affublés de noms ronflants et qui « en jettent » : on leur accorde deux trois lignes d’historique, et on les envoie au casse-pipe. Profondeur, quand tu nous tiens…

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Ah, et dernière chose…J’avais pas remarqué, mais j’ai trouvé sur un site une critique d’un lecteur qui relève un point important. La forteresse a été construite pour empêcher le passage des morts-vivants, onderrière la faille, qui ferait alors office de douve, nos génies l’ont construite devant… pour que les méchants aient plus facilement accès aux murs ? Enfin, pour être sûr que la faille soit encore plus difficile à défendre, on a construit neuf ponts par-dessus, et on s’interdit bien évidemment de les détruire au cas  où la forteresse tomberait... BahAllez comprendre…

 

Bon, peut-être que j’exagère un peu, peut-être que je suis de mauvaise foi parce que j’ai été déçu par la figurine, déçu par le jeu lui-même, déçu par Rackham… Mais je suis certain d’une chose : ce n’est pas un livre impérissable, loin de là. Quitte à lire un livre qui se concentre sur une seule bataille, autant lire Légende de Gemmel. Là au moins, on n’a pas affaire à un pauvre chouchou à son papa, mais à une vraie légende, un véritable guerrier, un meneur d’hommes charismatique.

Désolé Syd…

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Jérôme

Par Jérôme
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Lundi 21 janvier 2008


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Il existe bien des univers dans les nœuds et les boucles du temps. Ils se croisent rarement et, pour la plupart, demeurent inconnus les uns des autres. C’est seulement en Fionavar, la création originelle dont toutes les autres sont le reflet imparfait, qu’a été rassemblé et sauvegardé le savoir qui permet de passer d’un univers à l’autre, mais les années n’ont pas épargné l’ancienne sagesse."


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Voilà, ça faisait longtemps que je n'avais rien écrit, et je me rattrape un peu aujourd'hui en vous présentant une trilogie que j'ai dévorée, même si elle n'est pas exempte de défauts. Bonne lecture!


Ze author

Au pays du bois d’érable, des pancakes et des tabernacles, on ne peut rien faire comme tout le monde. C’est ainsi qu’en 1954, à la naissance de leur fils chéri, M. et Mme Kay se disent que Guy, ça fait ringard, et Gavriel, ça fait original.

Et c’est ainsi que commence la vie de notre auteur qu’on aime, Guy Gavriel Kay. Traumatisé par ses prénoms, le petit Gavriel tourne mal, et au lieu de se lancer dans la théologie et les cultes satanistes, il préfère commencer une carrière de philosophe. Il se tourne ensuite vers des études de droit, ce qui est une très bonne voie pour entrer dans la littérature, il faut l’admettre.

Il devient donc scénariste pour Scales of Justice de 1982 à 1989, une série produite par Radio-Canada, bénéficiant d’un budget colossal et d’effets spéciaux impressionnants encore jamais vus à la radio !

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Guy Gavriel Kay tente d'hypnotiser Jérôme Bonaldi

Au même moment, il commence à rédiger ses premiers romans, c’est-à-dire les trois volumes de La Tapisserie de Fionavar. On ne va pas s’étaler dessus pour l’instant. Il faut quand même préciser que la trilogie est très bien accueillie et le deuxième volume, Le Feu vagabond, reçoit le prix Casper du roman anglais en 1987 (le prix Casper a depuis été renommé prix Aurora…).

Par la suite, Gavriel continue d’écrire et développe un univers plus personnel, qui marie avec bonheur le genre de la fantasy et le roman historique, notamment dans Les Lions d’Al-Rassan et Tigane, pour lequel il reçoit encore une fois le prix Aurora en 1991.

Les livres de notre Canadien préféré (après Roch Voisine évidemment) ont été traduits dans le monde entier, ce qui fait de lui l’un des auteurs du pays à la feuille d’érable les plus lus actuellement.

Parmi ses hobbies, il adore, je cite : « Courir nu dans la neige en compagnie de Couillu le Caribou et de Roch Voisine, ce dernier uniquement vêtu de sa guitare, et demander à Natasha St-Pier de pomper plus fort parce qu’il sent monter la sève, sous le regard attendri de René qui tente de refaire un gosse à Céline, le tout en beuglant à tue-tête ‘Tabernacle !!’.

Maintenant, voyons voir La Tapisserie



Ze Synopsis

Exceptionnellement, je vais faire un résumé par livre, donc attention aux spoilers ! Je vais quand même demeurer très vague, pour ne pas gâcher votre plaisir. Go go go !

Tome 1 : L'Arbre de l'Eté (The Summer Tree)

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Ils sont cinq pour défendre la Terre. Ils n’ont pour cela que leur courage, il est inscrit sur chaque trait de leur visage : on les appelle Les Samouraïs de l’Eternel !

Oups, mince, désolé, je me trompe d’intro >_< Il n’empêche que je suis dégoûté, je n’ai jamais vu la fin des Samouraïs de l’Eternel…Enfin…

Ils sont cinq jeunes de Toronto, hommes et femmes, étudiants ou déjà dans la vie active, modernes et bien de ce monde. Et puis un soir, comme ça, ils rencontrent un type qui leur dit qu’il est un mage et qu’il a besoin d’eux, et un nain qui dit être « la source » du mage… Mouais, pas crédible tout ça, me direz-vous… Et bien, ni une ni deux, voilà-t’y-pas que nos jeunes gens décident de suivre ces deux personnages louches dans un autre monde, à savoir Fionavar, le Grand Univers, où se déroule une guerre sans merci entre les gentils et les méchants (en gros). En effet, Sauron…Euh, non, lui, c’est un autre bouquin… Je veux dire, Rakoth Maugrim, le dieu renégat, a trouvé le moyen de se libérer de sa prison millénaire. Rakoth Maugrim donc, décide de s’attaquer tout d’abord au royaume de Brennin, puisque le vieux roi n’a pas renouvelé le pacte avec les dieux en se sacrifiant sur l’Arbre de l’Eté. Pour sauver le royaume d’une fin certaine, il faut que le vieux roi se sacrifie, ou que quelqu’un se sacrifie à sa place. Tadaaam!


Tome 2 : Le Feu vagabond (The Wandering Fire)

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Attention, spoilers!!!!!

Kim est devenue la grande prêtresse du Brennin et décide de retourner sur Terre, à Stonehenge, pour aller demander l’aide du légendaire roi Arthur Pendragon, seul capable d’affronter à Rakoth Maugrim. Pendant ce temps, le grand méchant plonge Fionavar dans un hiver éternel. Pour contrer cette malédiction, ils doivent combattre sa source, c’est-à-dire Metran, autrefois premier mage du Brennin, maintenant allié des Ténèbres. Pour ce faire, ils doivent faire appel à des héros mythiques, et faire revivre le passé, malgré la douleur (oui, ils ont déjà Arthur, donc ils vont trouver Lancelot, ce salaud, pour recommencer l’histoire de la reine adultère et tout ça…Pfff…)


Tome 3 : La Voie obscure (The Darkest Road)

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Attention, spoilers!!!!!

Lors de la bataille contre Metran, le mage Loren  Mantel d’Argent a perdu tous ses pouvoirs. Il décide donc d’aider son ancienne Source, le nain Matt Soren, a reprendre le trône des nains, qui lui revient de droit, afin d’empêcher que son peuple ne se tourne du côté des méchants.

On assiste aussi à la bataille finale qui, comme d’habitude, semble être méchamment à l’ avantage de Rakoth Maugrim, qui a quand quelques buts d’avance. Mais c’est sans compter l’entrée en cours de jeu de Darien, son fils issu du viol de petit tricheur  (grattez votre écran pour lire ce qui est écrit en-dessous !). Que va-t-il se passer ? Arthur parviendra-t-il à conserver Guenièvre ? Lancelot apprendra-t-il à respecter son roi, à être un chevalier avant d’être un coureur de jupons ? Rakoth Maugrim remportera-t-il la coupe de Méchant de l’Année ? Jouera-t-il son dernier atout, à savoir le nain Nicolatt Sarkozen, pour semer le trouble chez les nains et les lios alfars ? Vous le saurez en lisant la trilogie de Guy Gavriel Kay !


Ce que j'en pense

Hmm…Alors, je vais être clair et net : je conseillerai La Tapisserie de Fionavar a toute personne qui n’a jamais lu d’heroic-fantasy, et même à ceux qui en ont lu un gros paquet. Evidemment, si on est un tant soit peu critique, on ne peut que constater les similitudes frappantes existant entre cette trilogie et la trilogie la plus célèbre du monde, Le Seigneur des Anneaux :

-             - La découpe des trois volumes ressemble beaucoup à l’organisation de l’œuvre de Tolkien (même si, je le répète, Tolkien avait tout écrit d’une seul pièce), à savoir volume 1 : présentation/volume 2 : bataille importante, les gentils gagnent, mais la situation est désespérée/volume 3 : rien ne semble pouvoir arrêter le grand méchant, il y a une grande bataille rangée entre les armées et en même temps, une personne qui s’infiltre chez le méchant et qui apporte la victoire.

-              - Le grand méchant est un grand méchant, un dieu renégat

-               - Euh…Les orques, les elfes, les nains…

Et puis… Ben en fait, c’est tout, vraiment pour les ressemblances.

Autre critique : c’est quand même hallucinant la manière dont nos jeunes gens débarquent à Fionavar sans vraiment se remettre en question… Ils s’adaptent très rapidement à ce nouvel univers et à ses règles sans aucun souci : peut-être une capacité spéciale propre aux Canadiens ?

Puis, il y a quand même beaucoup de personnages, beaucoup de choses à comprendre, à retenir, sous peine de passer à côté d’un élément important de l’histoire. L’auteur nous balance un peu tout à la figure au risque de nous abrutir. D’ailleurs, cette impression de mélange, de désordre, doit venir du fait que Guy Gavriel Kay s’inspire ouvertement d’autres œuvres bien connues, et sa trilogie, au premier abord, ne semble être qu’un pot-pourri de mythes et légendes existants, et de livres déjà publiés (Le Seigneur des Anneaux, Les Chroniques de Narnia…).

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Mais le Canada, ce n'est pas que le hockey  et la feuille d'érable ! C'est aussi le Canadair!

Maintenant ce que j’aime…Bon, j’avoue, j’ai fini la trilogie en 3 jours…Donc j’ai été littéralement aspiré par cette histoire : on éprouve joie, peine, espoir, enfin, on passe par toute la palette des sentiments, et même si c’est parfois un peu pénible (l’amûûûûr entre Guenièvre et Arthur et Lancelot…Woot, ce que j’ai trouvé ça lourd !). La trilogie est éminemment épique et la manière d’écrire de Guy Gavriel Kay est particulièrement efficace, même si après trois livres, on se laisse quand même moins prendre et qu’on commence à trouver ses expressions très répétitives.

 

Et puis l’univers lui-même est d’une richesse impressionnante (malgré l’inspiration évidente de la légende arthurienne et la mythologie celtique), avec ses différentes magies (la magie de la Terre, la magie du Cor, etc.), ses différentes races très bien décrites (ah, les Paraiko !), les thèmes abordés sont intéressants (le contrecoup du pouvoir par exemple), et la trilogie est loin d’être aseptisée : on meurt, on souffre, on viole… Certains passages sont d’ailleurs extrêmement durs, mais on poursuit sa lecture.

  Lancelot.jpg

Lancelot, tête de veau! Comment ça, je l'aime pas?

 

Et malgré la multiplication des personnages, les personnages sont le plus souvent très attachants, très profonds, et évoluent de manière significative tout au long des chapitres (mention spéciale pour Dave/Davor, Paul/Pwyll et Kevin – surtout ce dernier…). J’ai une préférence marquée pour Diarmuid, flamboyant, beau parleur, dragueur, tête brûlée, et pourtant, ce que j’ai pleuré…

 

Enfin, malgré tous ses défauts, La Tapisserie de Fionavar est une trilogie à lire impérativement, parce que malgré sa facture très classique, elle n’en demeure pas moins riche, captivante et épique. J’ai dit plus tôt que cette trilogie ressemblait à un pot-pourri : effectivement, il y a peu d’originalité ici, mais l’écriture est efficace, et l’histoire intéressante, alors pourquoi s’en priver ? Oui, je crois que le grand mérite de Guy Gavriel Kay en écrivant sa trilogie a été de si bien marier l’épopée qu’est La Tapisserie à la description de l’intimité de chaque personnage. Et bé, vous attendez quoi ? Courez à la librairie la plus proche !



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Inga Skaya, Miss Canada 2007 : parce qu'il n'y a pas que les chanteurs de variété, le hockey, les pancakes, les Canadairs et les rennes au Canada.
Par Jérôme
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