D'autres mouvements attirèrent l'attention de Richard. Sondant la piste, il constata que la femme était suivie. Trois hommes – non, quatre ! – habillés de manteaux à capuche
de forestiers. Passant furtivement de rocher en arbre et d'arbre en rocher, ils restaient à bonne distance de la voyageuse – sans jamais la quitter des yeux.
Richard se tendit, tous les sens en alerte.
Ces hommes traquaient une proie.
Ca faisait longtemps hein ? Et oui, toujours là, toujours prêt à partager avec vous ses coups de cœur (et ses pas coups de cœur…), le Jer is back dans la place…
Aujourd’hui petit topo sur une série… Enfin, un seul livre, je n’ai lu que le premier tome et je ne pense pas lire la suite un jour… Oups, effet de surprise raté… Alors allons droit à l’essentiel.
L'auteur
Terry Goodkind a le même prénom qu’un de mes auteurs favoris, Terry Pratchett ! Et je crois bien que les similitudes s’arrêtent là…
En 1948, dans la petite bourgade d’Omaha dans le Nebraska, Terru Goodkind pousse son premier cri. Ses parents sont alors loin de se douter qu’ils viennent de mettre au monde un des futurs écrivains d’heroic fantasy les plus connus au monde (et peut-être le plus riche par la même occasion…). D’autre part, sa vocation est d’autant moins évidente qu’il souffre de dyslexie. Terry Goodkind accumule les petits boulots : il fait charpentier, fabriquant de violons, restaurateur d’antiquités et parvient même à se faire relativement connaître pour ses peintures marines et ses animaux sauvages (quelle originalité…). Et pis, un beau jour de l’an de grâce 1993, pendant que sa femme construit leur maison, il s’attelle à l’écriture de son premier livre La Première Leçon du Sorcier. Oui oui, sa femme construit et il écrit. Moi aussi je suis pour la parité et l’égalité des sexes hein, non mais…
Résultat : il vend des livres par millions à travers le monde et sa série L’Epée de Vérité devient un méga-super-best-seller international de mort qui tue. Et oui, l’heroic fantasy à l’eau de rose, c’est plutôt vendeur on dirait… En gros, la série compte 10 volumes tous plus épais les uns que les autres, et il paraît qu’on y trouve tout plein de réflexions carrément philosophiques tout ça, réflexions qui feraient que L’Epee de Verite ne serait pas simplement une énième série de fantasy, mais beaucoup beaucoup plus que ça, oui ma p’tite dame.
Il était une fois un gentil garde forestier qui s’appelait Richard Cypher (déjà, le nom à coucher dehors… Je sais pas pour
vous, mais moi je trouve pas très cohérent « Richard » et « Cypher » accolés…). Donc notre gentil forestier, il vit dans la forêt, à l’écart d’un petit village paumé qu’il
protège tant bien que mal. Et un jour, vlan, voilà-t-y pas qu’il fait embarquer dans une histoire pas croyable avec une meuf et… Euh, je la refais. Un jour pendant qu’il patrouille, il aperçoit
une jeune femme (évidemment, elle est belle, d’une beauté à couper le souffle, des jambes parfaites et un décolleté magnifique) qui est poursuivie par trois petits cochons individus à la
mine patibulaire. Ni une ni deux, prenant son courage à deux mains et dans l’espoir d’avoir ensuite une récompense bien méritée, Richard va sauver la damoiselle en détresse et comble de
malchance, tombe follement amoureux d’elle : c’est le coup de foudre, comme un ouragan qui passait sur moi étoussa koi. Reconnaissante, elle lui apprend qu’elle s’appelle Kahlan et… C’est
tout… Belle récompense me direz-vous. D’autant plus que cette rencontre va bouleverser la vie de notre ami, qui se retrouvera embarqué dans une histoire pour sauver Hartland, envahie par des
créatures monstrueuses. Seul le vieil ami de Richard, Zedd l’ermite, peut lui venir en aide.
Darken Rahl lors d'un cosplay où il a gagné le premier prix
En effet, on apprend, coup de théâtre phénoménal, que Zedd est un Sorcier important. Il remet l’Epée de Vérité à Richard, qui deviendra ainsi « sourcier » et portera, tel Atlas, le poids du monde sur ses frêles épaules en s’opposant à Darken Rahl, mage dictateur, un vrai méchant avec un nom qui le dit bien (quand même, c’est un peu gros, Dark Vador est un peu passé par là…). Là, ça me fait tellement plaisir que je me sens obligé de citer le résumé officiel des éditions Bragelonne : « Ainsi commence une extraordinaire quête à travers les ténèbres. Au nom de l’amour. A n’importe quel prix. » C’est beau. On croirait presque du Ronsard.
Ce que j'en pense
Hmm… Alors, je commence par les points positifs : le principe même de l’Epée de Vérité est une trouvaille excellent je dois dire. Je vous explique le schmilblick. C’est une arme magique portée par un Sourcier et remise à ce dernier par un Sorcier de premier ordre. Il y a évidemment eu des Sourciers non-officiels, ceux qui ont trouvé l’épée ou l’ont volée. Mais un authentique Sourcier est bien différent : l’épée lui est remise par un Sorcier et il peut alors utiliser son pouvoir de Sourcier même sans l’épée en main. Sur la garde de l’épée, le mot vérité est incrusté en lettres d’or, et els esprits des anciens sourciers peuvent intervenir pour aider ou guider le Sourcier actuel.
Le pouvoir le plus intéressant de l’épée, ce qui fait son originalité, c’est qu’elle est une arme à double tranchant. Elle augmente la fureur de son porteur, et lui fait ressentir une douleur intense à chaque mise à mort. Il n’y a qu’une seule parade à cette douleur, c’est le juste courroux du Sourcier : si la colère est juste, la douleur est atténuée et ne risque pas de détruire le Sourcier. Si le Sourcier, avant la mise à mort, parvient à tout pardonner à sa victime, la lame vire au blanc et le Sourcier peut alors tuer un innocent. Et c’est là tout le problème : l’innocence de tout un chacun dépend du point de vue du Sourcier…
Donc voilà, l’Epée de Vérité est une trouvaille pas mal, qui fait beaucoup au charme de cette série. En fait, je dois avouer que j’ai dévoré le premier livre : le style est fluide, le scenario avance bien, il y a moult rebondissements à la clé et il y a un petit je-ne-sais-quoi qui donne envie d’avancer et de connaître la suite. Et puis, j’ai fini le bouquin, j’ai posé le livre, j’ai regardé mon frère (qui avait aussi très rapidement lu le livre) et on a eu la même réflexion : « C’est cul-cul la praline hein… ». Et oui, voilà le gros problème, selon moi, de ce premier livre : c’est souvent TRES gnangnan… L’amour machin chose, Kahlan tu es belle, Richard tu es fort, je t’aime, nous nous aimons, nous vaincrons le Mal ensemble et nous aurons plein de petits bébés et nous sauverons le monde par la force de notre amour. Ok, je caricature peut-être un peu… Mais j’ai lu ça il y a quelques années et c’est la seule chose dont je me souviens… Ah, si, il y a aussi un gros truc incohérent à la toute fin du livre qui m’a longtemps turlupiné. Peut-être que la réponse se trouve dans la suite, mais bon…
What is love ? Baby don't hurt me, don't hurt me no more
Ah, et dernière chose à noter, un truc qui va paraître trop « wouaw, trop bien trouvé », mais qui en fait est complètement bidon. Chaque volume est axé autour d’une leçon de sorcier que les zéros vont découvrir pendant leurs aventures. A première vue, ça peut donner des choses intéressantes. Mais quand la première leçon consiste en : « Les gens ont tendance à tenir pour vrai ce qu’ils souhaitent être la vérité ou ce qu’ils redoutent être la vérité » ; qu’une autre consiste en « La vie est le futur, pas le passé » et d’autres choses du même acabit… Et bé, je cherche encore la dimension quasiment philosophique de tout ça. Eclairez ma lanterne pliiiize.
Alors… Moi, je vous dirais de le lire pour vous faire une opinion… C’est quand même une série qui s’est vendue à des millions d’exemplaires à travers le monde. Et j’ai probablement des goûts douteux.
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