Trois Anneaux pour les rois elfes sous le ciel
Sept pour les seigneurs nains dans leurs demeures de pierre
Neuf pour les hommes mortels destinés au trépas
Un pour le Seigneur des Ténèbres sur son sombre trône
Dans le pays de Mordor où s'étendent les ombres.
Un Anneau pour les gouverner tous, un Anneau pour les trouver
Un Anneau pour les amener tous et dans les ténèbres les lier,
Au pays de Mordor où s'étendent les ombres
A tout seigneur, tout honneur. Nous commençons donc notre tour du monde de la fantasy par le Seigneur de la fantasy, le Seigneur des ventes,
l'Anneau Unique qui permet de vendre des millions de livres et de faire encore plus d'entrées au cinéma, le bien-nommé Seigneur des Anneaux. Je le précise tout de suite, ce n'est pas ma
série préférée. Mais je ne crache pas dessus non plus, et il faut bien commencer par LE Maître, celui qui a lancé le phénomène heroic fantasy dans le monde. Je ferai d'abord un bref résumé du
livre, puis nous parlerons de son auteur, avant de voir l'influence que le Seigneur des Anneaux a pu avoir sur toute la fantasy contemporaine et sur notre perception de ces "contes de
fée pour adultes" (dixit J.R.R. Tolkien lui-même).
Synopsis
Tout commence le jour d'un énième anniversaire du Hobbit Bilbo (un Hobbit, c'est comme un nain, mais en moins grognon, moins bagarreur, moins
poilu, moins ripailleur, moins alcoolique...Bref, un Hobbit, c'est à peu près aussi passionnant qu'un album de Lorie ), donc le jour de ce fameux anniversaire, Bilbo, qui a beaucoup voyagé,
décide de repartir à l'aventure et enfile pour cela un anneau qui le rend invisible. Son pote de toujours, Gandalf - le grand magicien avec la grande barbe qui lui sort par les oreilles et qui
pourrait faire une campagne de pub pour Marlboro tellement il fume - se rend compte que, malheur ! cet anneau est l'Anneau Unique, l'Anneau de Pouvoir recherché par le grand méchant Sauron et ses
sbires, et il faut donc détruire cet anneau. Pour cela, Bilbo devra s'en séparer et le confier à son neveu, Frodo, qui aura pour mission d'amener l'anneau à Elrond, le Big Boss elfe. Il sera
accompagné de ses copains de toujours, il fera la connaissance de plein de gens intéressants (ou pas), il y aura des combats, du sang, des sacrifices, des larmes. Bref, tout un programme. Je n'en
dirai pas plus, tout le monde a vu les films...
L'auteur
L'homme à qui l'on doit cette oeuvre majeure s'appelle John Ronald Reuel Tolkien. il ressemblait à ça :
Né en 1892 en Afrique du Sud. mort en 1973 en Angleterre, il était philologue et écrivain. Il avait une passion pour les langues : spécialiste
du dialecte mercien (mercian), du vieil anglais (parlé entre 450 et 1150) et du moyen anglais (entre 1150 et 1500), il a aussi enseigné le norrois et le gotique, et parlait
l'afrikaans, le grec, le latin, l'hébreu, le gallois et le finnois. Par contre, il avait une haine viscérale du français.
Cette passion pour les langues le pousse à créer tout un univers pour faire exister des langues qu'il avait créées de toutes pièces : c'est
ainsi que naît la Terre du Milieu. Tolkien commence très rapidement à imaginer la Terre du Milieu, sa cosmogonie, sa genèse, ses dieux et ses héros, ses peuples aux cultures si différentes, mais
ne se décide pas pour autant à tout coucher sur du papier. Il invente l'histoire de Bilbo le Hobbit pour ses enfants, d'abord sous forme orale, puis par écrit. Le livre connaît un tel
succès que son éditeur lui demande une suite. Réticent, Tolkien ne souhait pas s'engager dans une nouvelle aventure, mais peu à peu s'y laisse prendre. Il écrit le Seigneur des
Anneaux de de 1937 à 1948. La rédaction est longue est douloureuse ; Tolkien n'est pas un écrivain professionnel, et écrit donc sans idée préconçue, sans plan, sans story-board. Il reviendra
souvent sur ce qu'il avait écrit précédemment pour corriger, mettre à jour, rendre le texte cohérent. Le livre, qui ne devait qu'être une suite de Bilbo le Hobbit prend une ampleur que
son auteur ne soupçonnait pas. Des personnages apparaissent sous la plume de Tolkien, un scénario se met en place petit à petit. Par exemple, l'anneau de Bilbo, au début, ne devait être qu'un
simple anneau magique. Ce n'est qu'après qu'il devient l'Anneau Unique. Aragorn n'était qu'un vagabond inquiétant : au moment où Tolkien le fait apparaître dans le récit, il ne sait pas encore
qu'il fera du Rôdeur un Roi - LE Roi.
La mythologie du Seigneur des Anneaux est plus détaillée dans le Silmarillion, publié à titre posthume et inachevé.
Difficile à lire, le Silmarillion apporte des éléments importants de la mythologie de la Terre du Milieu, mais en dévoile peut-être trop... On est presque déçu d'en
apprendre plus sur cet univers onirique, on aurait presque voulu demeurer dans le mystère, le flou. C'est là toute la force du Seigneur des Anneaux : le livre est inégal,
certaines passages ne sont pas inoubliables, c'est parfois très pénible à lire, et pourtant, il se passe quelque chose... Un peu comme une lumière qu'on aperçoit au loin, dans le brouillard. Une
lumière intrigante, attirante, une île remplie de mystères qu'on souhaite découvrir. Et pourtant, on sait très bien que soulever le voile qui cache ces mystères ne peut que décevoir...
Ce que j'en pense
Le Seigneur des Anneaux est une
oeuvre majeure, un monument que tout amateur d’heroic fantasy se doit, sinon de posséder dans sa bibliothèque, du moins de lire dans son intégralité (et oui, regarder les films, c’est bien,
mais c’est pas l’idéal). Alors, le texte n’est pas exempt de défauts, loin s’en faut. Le début notamment est particulièrement difficile à digérer : cette description de la Comté, cette
ambiance de fête de village gentil tout plein, ces Hobbits gnangnan (qui m’horripilent), c’est très très dur à supporter.
Et puis soudain, tout s’accélère, on s’emballe, on quitte la Comté (c’est pas trop tôt…) et on part à l’aventure. On découvre des paysages magnifiques, on explore des lieux anciens, témoignages
de la grandeur de civilisations sur le déclin…Et c’est là toute la magie du Seigneur des Anneaux : l’univers est là, il nous happe et on n’en sort plus. Il y a une ambiance
unique, onirique, magique, mélancolique (vous pouvez rajouter d’autres adjectifs en –ique…) : on sent bien que l’on est dans un monde idéal qui est menacé, et malgré la victoire
des Hommes et de leurs alliés, rien ne sera jamais plus comme avant.
En Terre du Milieu, on évolue dans une sorte de brume, comme si un filtre aux couleurs de l’automne avait été posé sur notre imagination de lecteurs. Cette tranquillité est souvent troublée par
la fureur des combats, le tumulte des armes qui s'entrechoquent, mais elle demeure là, en arrière-plan, insaisissable. Et quand les Elfes s’en vont, c’est une part de nous-mêmes qui les
accompagne… Voilà, c’est peut-être un peu trop poétique tout ça, mais c’est l’effet Seigneur des Anneaux qui veut ça. Lecture chaudement recommandée donc.
Et aujourd'hui ?
C'est simple : l'oeuvre de Tolkien ne s'est jamais aussi bien portée. La trilogie de Peter Jackson l'a remise au goût du jour (pas toujours de
la meilleure façon d'ailleure...) - petit intermède : on parle de trilogie, mais Tolkien a écrit le Seigneur des Anneaux comme une oeuvre complète en un seul volume, le découpage en 3
tomes distincts étant dû à des contraintes économiques.
Dans les années 60-70, le livre est considéré comme un symbole de la contre-culture, et suscite parodies (dont la plus célèbre est Bored
of the Rings) et slogans, comme "Frodo lives" et "Gandalf President". Le succès populaire de la trilogie donne un coup de pouce aux ventes de livres de fantasy et
de science-fiction, de plus en plus demandés. Le Seigneur des Anneaux a aussi inspiré l'industrie du jeu : le jeu de rôle - avec Donjons et Dragons par exemple, le jeu de plateau - on
songe à Warhammer, et le jeu video - qui a dit Warcraft ?
De nombreux groupes de rock, comme Led Zeppelin, s'inspirent ouvertement de l'oeuvre de Tolkien, et de nombreux groupes de métal utilisent des
termes inventés par Tolkien.
En 1996, un sondage organisé par la chaîne de magasins Waterstone's et la chaîne Channel Four élit le Seigneur des
Anneaux "plus grand livre du siècle".
Les elfes, les orques et les objets magiques qui font des trucs bizarres, tout cela fait partie de notre imaginaire collectif maintenant. Tout
cela à cause d'un type assez taré pour inventer des langues...
Exemple d'écriture elfique inventée par Tolkien
Exclusif : l'Anneau Unique n'a pas été détruit sur le Mont du Destin!
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