On considère généralement que l'heroic fantasy commence avec Conan le Barbare, créé par Robert E. Howard en 1932, d'où l'image que
conserve l'heroic fantasy encore aujourd'hui, avec ses héros musclés et bagarreurs, solitaires et égocentriques, ne servant aucune autre cause que la leur. Ils se situent par delà le Bien
et le Mal, ils représentent une force pure, naturelle, le déferlement des pulsions les plus primaires chez l'homme. Ils évoluent dans un monde brutal où règne la loi du plus fort.
Malheureusement, l'oeuvre originale de Howard a été pervertie à sa mort par un être abject qui ne mérite pas que son nom soit cité ici, qui réécrivit certains passages, et fit de Conan une
parodie vulgaire de ce qu'il était. C'est pourquoi l'on retient l'image du barbare hyper-musclé entouré de superbes femmes aussi stupides que dénudées. Heureusement, justice a été rendue, et les
textes originaux sont aujourd'hui disponibles.
Après Conan, le genre muta profondément. Les héros, comme les univers évoluèrent dans différentes voies, ce qui a donné naissance à une
profusion de sous-genres que je ne détaillerai pas ici. On parle aujourd'hui de dark fantasy, de light fantasy, de high fantasy et j'en passe.
Quoi qu'il en soit, le point commun à tous ces genres est l'univers présenté. Nous avons toujours affaire à un monde très proche du nôtre,
tel qu'il était au Moyen-Age, avec ses seigneurs, ses paysans, ses guerres de pouvoir, etc. Il existe cependant dans ce monde des créatures imaginaires ( comme des trolls, des orques, des gobelins,
des elfes...), et la magie, le plus souvent, occupe un rôle non négligeable.
Le héros, quand à lui, peut être un solitaire ténébreux, ou être entouré de personnages secondaires tous plus intéressants les uns que les
autres (Le Cycle de l'Assassin Royal est, selon mon humble avis, exemplaire, et présente des personnages secondaires qui parviennent presque à éclipser Fitz, le héros).
Donc, pour résumé, heroic fantasy = Univers moyenâgeux + magie + créatures bizarres. Et il manque une chose à cette addition : il manque DU BRUIT ET DE LA FUREUR !! DU SANG!! MUAHAHAHA!! Euh, ok
ok, je me calme...
Mais voilà, je crois que j'ai dit l'essentiel (de mon point de vue de lecteur lambda).
Enfin, pourquoi lire de la fantasy ? Parce que, plus que n'importe quel autre genre, c'est un véritable échappatoire, un rêve. On respire avec
nos héros, on tremble pour eux, on vit à travers eux leurs aventures. Le roman de fantasy, c'est le mélange du roman d'aventure, de l'épopée chevaleresque, du roman d'initiation et parfois , du
roman politique (certaines intrigues étant particulièrement tordues et passionnantes - cf. : Le Trône de Fer de George R.R. Martin).
Et moi, j'aime.
Il est à noter, enfin, que la fantasy (heroic ou pas, on ne va pas chipoter, hein...) est reconnue comme un genre littéraire à part entière, digne d'être étudié à l'université et dans des centres
de recherche sur la littérature, et n'est pas simplement, comme beaucoup de gens le croient - les préjugés ont la peau dure... - un sous-genre, une sous-littérature. Il existe notamment à
l'université de lettres de Montpellier un centre de recherches sur l'imaginaire où on étudie la littérature qui nous intéresse présentement.
Jérôme